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Philosophie (suite)

Philosophie (suite)

CHAN
( Zen )

Je cultive la « chan attitude » : je reste calme et centré en toutes circonstances .

« Tranquillité dans le tumulte , c’est ce qu’on appelle perfection »

TCHOUANG TSEU

Le Chan c’est le bouddhisme « à la chinoise » ,précurseur du Zen japonais .
Si le Boudhisme est la seule religion étrangère qui ait réussi à s’implanter en Chine, et à y prospérer, c’est parce-qu’il présente de nombreux points communs avec le Taoîsme .
Tous deux considèrent que le monde tel que nous le voyons est une illusion, la seule réalité étant la vacuité( pour les bouddhistes) et le vide (pour les taoïstes) .
Tous deux prêchent le détachement et la non-avidité .
Tous deux donnent une grande importance à l’introspection, à la vie contemplative et à la méditation.
A leur exemple, il faut apprendre à tourner son regard vers l’intérieur et à rester maître de soi quoi qu’il arrive .

A cultiver :

  • Je sais que ma perception des choses est souvent erronée, je ne lui donne pas une importance excessive .
  • Je remercie de ce que j’ai, au lieu de me plaindre de ce que je n’ai pas .
  • Je me souviens que la vie suit la loi de l’alternance: bonheur et malheur, maladie et santé, frustration et satisfaction , rien n’est jamais définitif .

A éviter :

  • Je ne me fais pas contaminer par l’agitation des autres . Quand on me met la pression, je reste courtois et imperturbable .
  • Je ne me laisse pas envahir par la peur: c’est la pire conseillère qui soit .
  • Je ne crains pas la solitude mais au contraire la recherche, car c’est le moyen de me connaître moi-même .

REN
( Patience  )

Chaque chose arrive en son temps: je cultive la patience, l’art de savoir attendre .

« En cherchant à hâter les choses, on manque le but . Et la poursuite de petits avantages fait avorter les grandes entreprises . »

CONFUCIUS

Pour devenir un être accompli, il faut développer sa patience .
Savoir attendre est une vertu très prisée par les grands sages de la Chine ancienne , tout comme par le Yi King , qui ne se lasse pas de la célébrer .
Lorsque l’on a accompli tout ce qui était en son pouvoir pour mener à bien un projet, la seule chose qu’il reste à faire est d’attendre patiemment que la situation mûrisse .
Rien ne sert de s’agiter, de vouloir précipiter les choses, de harceler les gens.
Les paysans de la Chine ancienne savaient que le ciel finirait par leur envoyer la pluie , mais ils ne savaient pas quand : une fois terminées les semailles, ils rentraient chez eux et se reposaient .
Comme eux, il faut apprendre à attendre, et à se détendre .

A cultiver:

  • Quand les choses traînent , j’en déduis que le tao m’invite à aller plus doucement .
  • Je donne du temps au temps , et profite de l’attente pour mettre de l’ordre dans ma vie et régler les affaires en suspens .
  • Je pratique le « non-agir » en m’adaptant au rythme naturel des choses, à la cadence du tao .

A éviter :

  • Si une chose à laquelle je tiens ardemment est différée, je ne me fais pas prendre par l’anxiété. Je me concentre sur autre chose .
  • Si un coup de téléphone important tarde à venir, je mets le répondeur, j’éteins mon portable…et je vais me promener .
  • Je ne me laisse pas prendre par l’accélération généralisée . Les autres courent ?
  • Je vais ralentir .

MAN ZU
( Modestie )

Je reste à ma place et cultive la modestie en toute occasion .

Qui s’exhibe ne rayonnera pas . Qui s’affirme ne s’imposera pas .
Qui se glorifie ne verra pas son mérite reconnu .
Qui s’exalte ne deviendra pas un chef .

LAO TSEU

Vertu cardinale de la pensée chinoise, la modestie se calque sur une loi universelle: celle qui tend à remplir ce qui est vide et diminuer ce qui est en excès .
On est modeste quand on prend conscience de son infinie petitesse par rapport au tout :
« Je ne me sens être qu’un petit caillou dans l’univers… Comment oserais-je m’en enorgueillir? disait Tchouang TSEU .
Etre modeste , c’est occuper sa juste place et savoir se tenir à l’intérieur d’un cadre qui s’agrandit ou se rétrécit selon les circonstances .
La modestie implique d’être sûr de soi: à quoi sert d’en rajouter si l’on a une idée précise de ses qualités ?
Elle implique aussi de savoir reconnaître ses lacunes et travailler à les combler . En toute modestie …

A cultiver:

  • Lorsque les circonstances le requièrent, je garde profil bas . Sans me sentir frustré ni diminué .
  • Je suis toujours prêt à reconnaître mes défauts . Ainsi je me rends sympathique et suis mieux accepté .
  • Je sais me faire entendre chaque fois que c’est nécessaire , mais je veille toujours a y mettre les formes.

A éviter:

  • Je ne souligne pas mes talents pour ne pas susciter d’hostilité .
  • Je ne me vante pas de mes succès, car je sais qu’ils sont relatifs et transitoires .
  • Je ne confonds pas modestie et servilité : rester à sa place n’est pas synonyme de ramper.

CHOUO
( Parler )

Je fais très attention à ce qui sort de ma bouche.

Un défaut dans un jade blanc s’efface au polissage.
Un mot placé mal à propos ne peut se reprendre.

CONFUCIUS

Lao tseu disait que « celui qui sait ne parle pas, celui qui parle ne sait pas  ».
Confucius n’était pas en reste et se méfiait comme de la peste du langage et de ses pièges.
A la séduction des beaux discours, il préférait l’harmonie du geste ; aux bavardages de ses contemporains, le son céleste de la musique.
Le maître pesait ses mots et ne supportait pas ceux qui en faisaient mauvais usage.
A son image, il faut donc prêter plus attention à ce que l’on dit , car le langage est un outil difficile à maîtriser: on regrette plus souvent d’avoir parlé que d’avoir tenu sa langue.
Une phrase malheureuse peut suffire à gâter une amitié ou compromettre une carrière.

A cultiver:

  • Je ne parle que si j’ai quelque chose à dire et je ne m’exprime que sur ce que je sais.
  • Ma façon de parler révèle qui je suis: je soigne mon vocabulaire et ma grammaire, mais aussi ma diction et le ton de ma voix.

A éviter:

  • Je me garde des expressions toutes faites : elles banalisent mon discours et enlèvent toute force à mes propos.
  • Je ne tourne pas autour du pot et exprime mes requêtes de façon aussi directe que possible : mes interlocuteurs m’en sauront gré.
  • Je ne colporte pas de ragots, car je tiens à l’estime et à la confiance de mon entourage

LAO
( Vieux )

Je change de regard sur les personnes âgées.

La piété filiale et le respect des aînés sont les racines mêmes de l’humanité.

CONFUCIUS

A cultiver:

  • Je regarde les anciens et les écoute avec intérêt , car ils ont toujours quelque chose à m’apprendre.
  • Aimer et respecter les plus âgés est affaire de bon sens: je les traite comme je voudrais être traité à leur âge.

A éviter :

  • Mépriser les « vieux » c’est faire preuves d’ignorance . Et se condamner à mal vieillir.
  • Je ne confonds pas respect et commisération : les seniors n’ont que faire de ma pitié.

BIAN
( Discernement )

Je choisis mes amis avec le plus grand discernement.

Ne recherchez pas l’amitié de ceux qui ne partagent pas vos exigences

CONFUCIUS

Tout comme l’amour, l’amitié ne va pas de soi et mérite les plus grands égards. Confucius ne s’intéressait guère au premier, mais beaucoup à la seconde, et ses conseils en matière d’amitié sont d’une étonnante actualité.
Sa première recommandation concerne les critères de choix : si les valeurs de l’autre sont trop différentes des miennes, il ne pourra jamais y avoir de véritable échange .
Vient ensuite l’honnêteté : il faut toujours dire ce que l’on pense, même si ce n’est pas plaisant .
La loyauté est un autre ingrédient fondamental: on se doit d’être fidèle à ses amis en toutes circonstances et de ne jamais déroger à ses engagements.
Pour finir, il faut savoir reconnaître leur talent et les encourager à les développer.

A cultiver :

  • Je suis sincère avec mes amis et n’hésite pas à les mettre en garde lorsque je pense qu’ils se trompent . Mais je le fais avec tact.
  • Je me montre tel que je suis : les masques n’ont pas leur place en amitié.
  • Au début d’une relation, je maîtrise mon enthousiasme : une amitié se construit pas à pas.

A éviter :

Je ne choisis pas mes amis pour les avantages que je pourrais en retirer : l’amitié n’a rien à voir avec l’opportunisme.


ZHU
( Le Bambou )

Je limite mes exigences et sais me contenter de ce que j’ai.

Pas de plus grand malheur que d’être insatiable.
Pas de pire fléau que l’esprit de convoitise.
Qui sait se borner aura toujours assez.

LAO TSEU

Le bambou représente la limitation, symbolisée par les nœuds de sa tige .
Tout comme les bouddhistes, les grands sages taoïstes ne cessent de nous mettre en garde sur l’attachement excessif aux biens matériels.
L’argent et les possessions ne sont pas de mauvaises choses, mais l’être de qualité les met à sa juste place, qui n’est pas la première, mais vient après sa vie intérieure et son accomplissement spirituel .
«  Sur cent projets d’un riche, il y en a 99 pour le devenir davantage » , dit un proverbe chinois . Le problème n’est pas l’argent lui-même, mais le dépendance qu’il tend à créer:
plus on en a , plus on voudrait en avoir.
S’efforcer de limiter son avidité est essentiel, car celle-ci éloigne de soi et fait oublier le tao.

A cultiver :

  • Je considère l’argent comme un outil rien de plus , rien de moins.
  • Je sais que le but d’une existence humaine est de s’enrichir. Mais cet enrichissementn’a rien à voir avec les possessions matérielles.
  • Je traite « les choses en chose » au lieu de me laisser « traiter en chose par les chose » ( selon l’expression de TCHOUANG TSEU) : je ne suis esclave ni de ma voiture, ni de mon téléphone portable, ni de rien.

A éviter :

  • Je ne m’identifie pas à mon compte en banque : je vaux bien plus que ça !
  • Je ne tombe pas dans le piège de l’hyperconsommation . Avant de faire un achat, je m’interroge sur mes vrais besoins.

SUN
( Amoindrir )

Je simplifie ma vie et sélectionne attentivement mes loisirs

Qui contemple l’eau trouble perd de vue l’eau limpide

TCHOUANG TSEU

Pour devenir un être accompli, il faut savoir renoncer à tout ce qui encombre l’existence et éloigne du tao.
Cinq cents ans avant notre ère, les sages chinois exhortaient déjà leurs semblables à simplifier leur vie, à ne pas s’éparpiller ni se laisser contaminer par la frénésie ambiante: qui sait ce qu’ils diraient s’ils voyaient où nous en sommes arrivés … tel un jardinier qui élague sa haie, chacun doit peu à peu éliminer les activités superflues pour pouvoir se concentrer sur l’essentiel.
Gaspiller son temps libre revient à se gaspiller soi-même: il faut donc cesser de perdre son temps dans des occupations qui n’apportent rien et n’ont rien à voir avec ses vrais intérêts.

A cultiver:

  • J’oublie la frénésie du « faire » et m’exerce à pratiquer le « non-faire »: je retrouve mon rythme naturel et découvre les bienfaits de la lenteur.

MU
( Observer )

J’exerce constamment mes facultés d’observation .

Voyez pourquoi un homme agit, observez comment il agit, examinez ce qui fait son bonheur.
Que pourrait-il encore vous cacher ?

CONFUCIUS

Confucius a évoqué à maintes reprises la primauté du geste sur la parole . Pour évaluer un interlocuteur, il ne se contentait pas de l’écouter: il le regardait avec attention.
Lorsque le maître nous conseille d’observer les autres, ce n’est pas dans le but de les critiquer mais de mieux les connaître et aussi de mieux nous connaître.